Catéchèses du Pape sur la liturgie eucharistique

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À l’occasion de l’entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Missel, nous lirons ensemble chaque semaine, une des « catéchèses » que le Pape François a donné sur la liturgie eucharistique de novembre 2017 à avril 2018.

Catéchèse du Pape François sur la messe

(15) Liturgie eucharistique : V – Rites de conclusion

Avec cette catéchèse, nous concluons le cycle consacré à la Messe, qui est précisément la commémoration, mais pas seulement comme mémoire, on vit à nouveau la Passion et la Résurrection de Jésus. La dernière fois, nous sommes arrivés à la communion et à la prière après la communion ; après cette prière, la Messe se conclut par la bénédiction donnée par le prêtre et l’envoi du peuple (cf. Présentation générale du Missel romain, n. 90). De même qu’elle avait commencé avec le signe de la croix, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, c’est encore au nom de la Trinité que se conclut la Messe, c’est-à-dire l’action liturgique.

Toutefois, nous savons bien que si la Messe finit, l’engagement du témoignage chrétien commence. Les chrétiens ne vont pas à la Messe pour accomplir un devoir hebdomadaire et puis ils oublient, non. Les chrétiens vont à la Messe pour participer à la Passion et à la Résurrection du Seigneur, et pour vivre ensuite davantage en tant que chrétiens : l’engagement du témoignage chrétien commence. Nous sortons de l’église pour « aller en paix », apporter la bénédiction de Dieu dans les activités quotidiennes, dans nos maisons, sur les lieux de travail, parmi les occupations de la cité terrestre, « en glorifiant le Seigneur par notre          vie ». Mais si nous sortons de l’église en bavardant et en disant : « Regarde celui-ci, regarde celle-là... », avec la langue bien pendue, la Messe n’est pas entrée dans mon cœur. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas capable de vivre le témoignage chrétien. Chaque fois que je sors de la Messe, je dois sortir meilleur que je ne suis entré, avec plus de vie, avec plus de force, avec plus de volonté d’apporter un témoignage chrétien. A travers l’Eucharistie, le Seigneur Jésus entre en nous, dans notre cœur et dans notre chair, afin que nous puissions « exprimer dans la vie le sacrement reçu dans la foi » (Missel romain, Collecte du lundi de l’octave de Pâques).

De la célébration à la vie, donc, conscients que la Messe trouve son accomplissement dans les choix concrets de qui participe en première personne aux mystères du Christ. Nous ne devons pas oublier que nous célébrons l’Eucharistie pour apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie laisser agir le Christ dans nos œuvres : que ses pensées soient nos pensées, ses sentiments nos sentiments, ses choix nos choix. Et cela est la sainteté : faire comme a fait le Christ, c’est cela la sainteté chrétienne. C’est ce qu’exprime précisément saint Paul, en parlant de son assimilation à Jésus, et il dit : « Je suis crucifié avec le Christ ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 19-20). Voilà le témoignage chrétien. L’expérience de Paul nous illumine également : dans la mesure où nous mortifions notre égoïsme, c’est-à-dire que nous faisons mourir ce qui s’oppose à l’Evangile et à l’amour de Jésus, se crée en nous un plus grand espace pour la puissance de son Esprit. Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui laissent leur âme s’élargir par la force de l’Esprit Saint, après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ. Laissez élargir votre âme ! Pas ces âmes si étroites et fermées, petites, égoïstes, non ! Des âmes larges, des âmes grandes, avec de grands horizons... Laissez élargir votre âme par la force de l’Esprit, après avoir reçu le Corps et le Sang du Christ.

Etant donné que la présence réelle du Christ dans le Pain consacré ne se termine pas avec la Messe (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 1374), l’Eucharistie est conservée dans le tabernacle pour la communion des malades et pour l’adoration silencieuse du Seigneur dans le Très Saint Sacrement ; le culte eucharistique en dehors de la Messe, tant sous forme privée que communautaire, nous aide en effet à demeurer dans le Christ (cf. ibid., nn. 1378-1380).

Les fruits de la Messe sont donc destinés à mûrir dans la vie de chaque jour. Nous pouvons ainsi dire, en forçant un peu l’image : la Messe est comme le grain, le grain de blé qui croît ensuite dans la vie ordinaire, qui croît et mûrit dans les bonnes œuvres, dans les comportements qui nous font ressembler à Jésus. Les fruits de la Messe sont donc destinés à mûrir dans la vie de chaque jour. En vérité, en accroissant notre union au Christ, l’Eucharistie renouvelle la grâce que l’Esprit nous a donnée dans le baptême et dans la confirmation, afin que notre témoignage chrétien soit crédible (cf. ibid., nn. 1391-1392).

De plus, en allumant dans nos cœurs la charité divine, que fait l’Eucharistie ? Elle nous sépare du péché : « Plus nous participons à la vie du Christ et plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de rompre avec Lui par le péché mortel » (ibid., n. 1395).

Nous approcher régulièrement de la Table eucharistique renouvelle, fortifie et approfondit le lien avec la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons, suivant le principe selon lequel l’Eucharistie fait l’Eglise (cf. ibid., n. 1396), elle nous unit tous.

Enfin, participer à l’Eucharistie engage à l’égard des autres, en particulier des pauvres, en nous éduquant à passer de la chair du Christ à la chair de nos frères, dans lesquels il attend d’être reconnu, servi, honoré et aimé par nous                   (cf. ibid., n. 1397).

En apportant le trésor de l’union avec le Christ dans des vases d’argile                             (cf. 2 Co 4, 7), nous avons constamment besoin de revenir au saint autel, jusqu’à ce que nous goûtions pleinement, au paradis, à la béatitude du banquet des noces de l’Agneau (cf. Ap 19, 9).

 (4 avril 2018)

14 - IV – La Communion

La célébration de la Messe, dont nous parcourrons les divers moments, a pour objectif la communion sacramentelle, c’est-à-dire nous unir à Jésus. La communion sacramentelle : pas la communion spirituelle, que tu peux faire chez toi en disant : « Jésus je voudrais te recevoir spirituellement ». Non, la communion sacramentelle, avec le Corps et le Sang du Christ. Nous célébrons l’Eucharistie pour nous nourrir du Christ, qui se donne lui-même à nous dans la Parole et dans le sacrement de l’autel, pour nous configurer à Lui. Le Seigneur lui-même le dit : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56). En effet, le geste de Jésus qui donna son Corps et son Sang à ses disciples lors de la dernière Cène, continue encore aujourd’hui à travers le ministère du prêtre et du diacre, ministres ordinaires de la distribution à leurs frères du Pain de la vie et de la Coupe du salut.

 

Pendant la Messe, après avoir rompu le Pain consacré, c’est-à-dire le Corps de Jésus, le prêtre le montre aux fidèles en les invitant à participer au banquet eucharistique. Nous connaissons les paroles qui retentissent du saint autel :                  « Heureux les invités au repas du Seigneur : Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Inspiré d’un passage de l’Apocalypse - « Heureux les invités au festin des noces de l'Agneau » (Ap 19, 9) : il dit « noces » parce que Jésus est l’Epoux de l’Eglise - cette invitation nous appelle à faire l’expérience de l’union intime avec le Christ, source de joie et de sainteté. C’est une invitation qui réjouit et qui, dans le même temps, incite à un examen de conscience illuminé par la foi. Si d’une part, en effet, nous voyons la distance qui nous sépare de la sainteté du Christ, de l’autre, nous croyons que son Sang est « versé en rémission des péchés ». Nous sommes tous pardonnés dans le baptême, et nous sommes tous pardonnés ou serons pardonnés à chaque fois que nous nous approchons du sacrement de la pénitence. Et n’oubliez pas : Jésus pardonne toujours. Jésus ne se lasse pas de pardonner. C’est nous qui nous lassons de demander pardon. Précisément, en pensant à la valeur salvifique de ce Sang, saint Ambroise s’exclame : « Moi qui pèche toujours, je dois toujours disposer du remède » (De sacramentis, 4, 28 : PL 16, 446A). Avec cette foi, nous tournons, nous aussi, notre regard vers l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde et nous l’invoquons : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri ». Nous le disons lors de chaque Messe.

 

Bien que nous nous déplacions en procession pour communier, - nous allons vers l’autel en procession pour communier -, c’est en réalité le Christ qui vient à notre rencontre pour nous assimiler à lui. Il y a une rencontre avec Jésus ! Se nourrir de l’Eucharistie signifie se laisser transformer en ce que nous recevons. Saint Augustin nous aide à le comprendre, quand il raconte la lumière qu’il a reçue en entendant le Christ lui dire : « Je suis la nourriture des forts ; grandis, et tu me mangeras. Mais tu ne me changeras pas en toi comme la nourriture de ta chair. C’est toi qui seras changé en moi » (Confessions VII, 10, 16 : PL 32, 742). Chaque fois que nous communions, nous ressemblons davantage à Jésus, nous nous transformons davantage en Jésus. De même que le pain et le vin sont convertis en Corps et Sang du Seigneur, ceux qui les reçoivent avec foi sont transformés en Eucharistie vivante. Au prêtre qui te dit, en distribuant l’Eucharistie : « Le Corps du Christ », tu               réponds : « Amen », c’est-à-dire que tu reconnais la grâce et l’engagement que comporte le fait de devenir le Corps du Christ. Car quand tu reçois l’Eucharistie, tu deviens le Corps du Christ. C’est beau ; c’est très beau. Alors qu’elle nous unit au Christ, en nous arrachant à nos égoïsmes, la communion nous ouvre et nous unit à tous ceux qui sont un avec Lui. Voilà le prodige de la communion : nous devenons ce que nous recevons !

L’Eglise désire vivement que les fidèles reçoivent eux aussi le Corps du Seigneur avec des hosties consacrées pendant la Messe ; et le signe du banquet eucharistique s’exprime avec une plus grande plénitude si la communion est faite sous les deux espèces, tout en sachant que l’Eglise catholique enseigne que, sous une seule espèce, on reçoit le Christ tout entier (cf. Présentation générale du Missel romain, n. 85281-282). Selon la pratique ecclésiale, le fidèle s’approche normalement de l’Eucharistie en procession, comme nous l’avons dit, et il communie debout, ou bien à genoux, selon ce qui est établi par la conférence épiscopale, en recevant le sacrement dans la bouche ou bien, là où c’est autorisé, dans la main, comme il le préfère (cf. PGMR, 160-161). Après la communion, le silence, la prière silencieuse nous aident à conserver le don reçu dans notre cœur. Prolonger un peu ce moment de silence, en parlant avec Jésus dans notre cœur nous aide beaucoup, ainsi que chanter un psaume, ou un hymne de louange (cf. PGMR, 88) qui nous aidera à demeurer avec le Seigneur.

La liturgie eucharistique se conclut par la prière après la communion. Dans celle-ci, au nom de tous, le prêtre s’adresse à Dieu pour lui rendre grâce d’avoir fait de nous ses convives et demander que ce que nous avons reçu transforme notre vie. L’Eucharistie nous rend forts pour porter des fruits de bonnes œuvres, pour vivre en chrétiens. La prière d’aujourd’hui est significative, quand nous demandons au Seigneur que « cette communion à tes mystères, Seigneur, nous procure la guérison que toi seul peut donner : qu’elle arrache de nos cœurs jusqu’aux racines du mal, qu’elle nous protège et nous fortifie à jamais. Par Jésus Christ Notre Seigneur » (Missel romain, Mercredi de la Ve semaine de carême). Approchons-nous de l’Eucharistie : recevoir Jésus qui nous transforme en Lui, nous rend plus forts. Le Seigneur est si bon et si grand !

 (21 mars 2018)

 

(13) Liturgie eucharistique :

III – « Notre Père » et fraction du Pain

Nous poursuivons la catéchèse sur la Messe. Lors de la Dernière Cène, après que Jésus ait pris le pain et la coupe du vin, et qu’il eut rendu grâce à Dieu, nous savons qu’il « rompit le pain ». C’est à cette action que correspond, dans la liturgie eucharistique de la Messe, la fraction du Pain, précédée par la prière que le Seigneur nous a enseignée, c’est-à-dire le « Notre Père ».

C’est ainsi que commencent les rites de communion, en prolongeant la louange et la supplique de la Prière eucharistique par la récitation communautaire du « Notre Père ». Ce n’est pas l’une des nombreuses prières chrétiennes, mais c’est la prière des enfants de Dieu : c’est la grande prière que Jésus nous a enseignée. En effet, nous étant remis le jour de notre baptême, le « Notre Père » fait retentir en nous les mêmes sentiments qui furent ceux de Jésus Christ. Quand nous prions avec le « Notre Père », nous prions comme Jésus priait. C’est la prière qu’a faite Jésus, et il nous l’a        enseignée ; quand les disciples lui ont dit : « Maître, enseigne-nous à prier comme tu pries ». Et Jésus priait ainsi. Il est si beau de prier comme Jésus ! Formés à son enseignement divin, nous osons nous adresser à Dieu en l’appelant « Père », parce que nous sommes re-nés comme ses enfants à travers l’eau et l’Esprit Saint (cf. Ep 1, 5). Personne, en vérité, ne pourrait l’appeler familièrement « Abbà » - « Père » - sans avoir été engendré par Dieu, sans l’inspiration de l’Esprit, comme l’enseigne saint Paul (cf. Rm 8, 15). Nous devons penser : personne ne peut l’appeler « Père » sans l’inspiration de l’Esprit. Combien de fois des gens récitent le « Notre Père », mais sans savoir ce qu’ils disent. Car en effet, c’est le Père, mais est-ce que tu sens que quand tu dis « Père », Il est le Père, ton Père, le Père de l’humanité, le Père de Jésus Christ ? As-tu un rapport avec ce Père ? Quand nous récitons le « Notre Père », nous nous mettons en liaison avec le Père qui nous aime, mais c’est l’Esprit qui nous met en liaison, qui nous donne ce sentiment d’être des enfants de Dieu.

Quelle meilleure prière que celle enseignée par Jésus peut nous disposer à la communion sacramentelle avec Lui ? Outre que pendant la Messe, le « Notre Père » est récité, le matin et le soir, pendant les laudes et les vêpres ; de cette manière, l’attitude filiale envers Dieu et de fraternité avec notre prochain contribue à donner une forme chrétienne à nos journées.

Dans la prière du Seigneur - dans le « Notre Père » - nous demandons notre « pain quotidien », dans lequel nous apercevons une référence particulière au Pain eucharistique, dont nous avons besoin pour vivre comme enfants de Dieu. Nous implorons aussi « le pardon de nos offenses », et pour être dignes de recevoir le pardon de Dieu, nous nous engageons à pardonner ceux qui nous ont offensés. Et cela n’est pas facile. Pardonner les personnes qui nous ont offensés n’est pas facile ; c’est une grâce que nous devons demander : « Seigneur enseigne-moi à pardonner comme tu m’as pardonné ». C’est une grâce. Nous ne pouvons pas le faire avec nos forces : pardonner est une grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, alors qu’il ouvre notre cœur à Dieu, le « Notre Père » nous dispose aussi à l’amour fraternel. Enfin, nous demandons aussi à Dieu de « nous délivrer du mal » qui nous sépare de Lui et nous divise de nos frères. Comprenons bien que ce sont des requêtes très adaptées à nous préparer à la communion (cf. Présentation générale du Missel romain, PGMR n° 81).

En effet, ce que nous demandons dans le « Notre Père » est prolongé par la prière du prêtre qui, au nom de tous, supplie : « Délivre-nous, Seigneur, de tout mal et donne la paix à notre temps ». Et elle reçoit ensuite une sorte de sceau dans le rite de la     paix : en premier lieu, on invoque du Christ que le don de sa paix (cf. Jn 14, 27) - si différente de la paix du monde - fasse grandir l’Eglise dans l’unité et dans la paix, selon sa volonté ; puis, à travers le geste concret échangé entre nous, nous exprimons « la communion dans l’Eglise ainsi que leur amour mutuel avant de communier au sacrement » (PGMR, n° 82). Dans le rite romain, l’échange du signe de paix, placé dès l’antiquité avant la communion, a pour objectif la communion eucharistique. Selon l’avertissement de saint Paul, il n’est pas possible de communier à l’unique Pain qui fait de nous un seul Corps dans le Christ, sans nous reconnaître pacifiés par l’amour fraternel (cf. 1 Co 10, 16-17 ; 11, 29). La paix du Christ ne peut pas s’enraciner dans un cœur incapable de vivre la fraternité et de la recomposer après l’avoir blessée. C’est le Seigneur qui donne la paix : Il nous donne la grâce de pardonner ceux qui nous ont offensés.

Le geste de la paix est suivi de la fraction du Pain, qui dès les temps apostoliques a donné nom à toute la célébration de l’Eucharistie (cf. PGMR, n° 83Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 1329). Accompli par Jésus au cours de la Dernière Cène, rompre le Pain est le geste révélateur qui a permis aux disciples de le reconnaître après sa résurrection. Rappelons les disciples d’Emmaüs, qui, en parlant de la rencontre avec le Ressuscité, racontent « qu’ils l’avaient reconnu lors de la fraction du pain » (cf. Lc 24, 30-31.35).

La fraction du Pain eucharistique est accompagnée par l’invocation de l’ « Agneau de Dieu », la figure avec laquelle Jean-Baptiste a indiqué en Jésus « celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29). L’image biblique de l’Agneau parle de la rédemption (cf. Ex 12, 1-14 ; Is 53, 7 ; 1 P 1, 19 ; Ap 7, 14). Dans le Pain eucharistique, rompu pour la vie du monde, l’assemblée en prière reconnaît le véritable Agneau de Dieu, c’est-à-dire le Christ Rédempteur, et elle le supplie : « Prends pitié de nous… Donne-nous la paix ».

« Prends pitié de nous », « Donne-nous la paix » sont des invocations qui, de la prière du « Notre Père » à la fraction du Pain, nous aident à disposer notre âme à participer au banquet eucharistique, source de communion avec Dieu et avec nos frères.

N’oublions pas la grande prière : celle que Jésus a enseignée, et qui est la prière avec laquelle Il priait le Père. Et cette prière nous prépare à la communion.

 (14 mars 2018)

(12) Liturgie eucharistique :

II – Prière eucharistique

Nous poursuivons les catéchèses sur la Messe et avec cette catéchèse, nous nous arrêtons sur la Prière eucharistique. Après le rite de la présentation du pain et du vin, commence la Prière eucharistique, qui qualifie la célébration de la Messe et en constitue le moment central, organisé autour de la sainte Communion. Cela correspond à ce que Jésus lui-même fit, à table avec les apôtres au cours de la Dernière Cène, alors qu’il « rendit grâce » sur le pain, puis sur la coupe du vin (cf. Mt 26, 27 ; Mc 14, 23 ; Lc, 22, 17.19 ; 1 Co 11, 24) : son action de grâce revit dans chaque Eucharistie, en nous associant à son sacrifice de salut.

Et dans cette prière solennelle - la prière eucharistique est solennelle - l’Eglise exprime ce qu’elle accomplit quand elle célèbre l’Eucharistie et la raison pour laquelle elle la célèbre, c’est-à-dire faire la communion avec le Christ réellement présent dans le pain et le vin consacrés. Après avoir invité le peuple à élever son cœur au Seigneur et à lui rendre grâce, le prêtre prononce la prière à haute voix, au nom de toutes les personnes présentes, en s’adressant au Père au moyen de Jésus Christ dans l’Esprit Saint. « Le sens de cette prière est que toute l’assemblée des fidèles s’unisse au Christ dans la confession des hauts faits de Dieu et dans l’offrande du sacrifice » (Présentation générale du Missel romain, PGMR, n. 78). Et pour s’unir, il doit comprendre. C’est pourquoi, l’Eglise a voulu célébrer la Messe dans la langue que les gens comprennent, afin que chacun puisse s’unir à cette louange et à cette grande prière avec le prêtre. En vérité, « le sacrifice du Christ et le sacrifice de l’Eucharistie sont un unique sacrifice » (Catéchisme de l’Eglise catholique, CEC, n. 1367).

Dans le Missel existent diverses formules de Prière eucharistique, toutes constituées par des éléments caractéristiques, que je voudrais rappeler (cf. PGMR, n. 79, CEC, n. 1352-1354). Elles sont toutes très belles. Avant tout, il y a la Préface, qui est une action de grâce pour les dons de Dieu, en particulier pour l’envoi de son Fils comme Sauveur. La Préface se conclut par l’acclamation du « Saint », normalement chantée. Il est beau de chanter le « Saint » : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur ». Il est beau de le chanter. Toute l’assemblée unit sa voix à celle des anges et des saints pour louer et glorifier Dieu.

Il y a ensuite l’invocation de l’Esprit afin que sa puissance consacre le pain et le vin. Nous invoquons l’Esprit afin qu’il vienne et que, dans le pain et le vin, il y ait Jésus. L’action de l’Esprit Saint et l’efficacité des paroles mêmes du Christ proférées par le prêtre, rendent réellement présents, sous les espèces du pain et du vin, son Corps et son Sang, son sacrifice offert sur la croix une fois pour toutes (cf. CEC, n. 1375). En cela, Jésus a été très clair. Nous avons entendu saint Paul, au début, rapporter les paroles de Jésus : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ». « Ceci est mon Sang, ceci est mon Corps ». C’est Jésus lui-même qui a dit cela. Nous ne devons pas avoir d’étranges pensées. « Mais, comment se fait-il que... ». C’est le Corps de Jésus ; c’est tout ! La foi : la foi nous vient en aide ; avec un acte de foi, nous croyons que c’est le Corps et le Sang de Jésus. C’est le « mystère de la foi », comme nous disons après la consécration. Le prêtre dit : « Mystère de la foi » et nous répondons par une acclamation. En célébrant le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, dans l’attente de son retour glorieux, l’Eglise offre au Père le sacrifice qui réconcilie ciel et terre : elle offre le sacrifice pascal du Christ en s’offrant avec Lui et en demandant, en vertu de l’Esprit Saint, de devenir « dans le Christ un seul corps et un seul esprit » (Prière euch. III ; cfr Sacrosanctum Concilium, 48; PGMR, n. 79). L’Eglise veut nous unir au Christ et devenir un seul corps et un seul esprit avec le Seigneur. C’est la grâce et le fruit de la Communion sacramentelle : nous nous nourrissons du Corps du Christ pour devenir, nous qui en mangeons, son Corps vivant aujourd’hui dans le monde.

Le mystère de communion est celui-ci, l’Eglise s’unit à l’offrande du Christ et à son intercession et dans cette lumière, « dans les catacombes, l’Eglise est souvent représentée comme une femme en prière, les bras largement ouverts en attitude d’orante, l’Eglise orante, qui prie. Il est beau de penser que l’Eglise est orante, qu’elle prie. Il y a un passage dans le Livre des Actes des apôtres ; quand Pierre était en prison, la communauté chrétienne dit qu’“elle priait sans cesse pour lui”. L’Eglise qui prie, l’Eglise orante. Et quand nous allons à la Messe, c’est pour faire cela : l’Eglise orante. Comme le Christ qui a étendu les bras sur la croix, par lui, avec lui et en lui, elle s’offre et intercède pour tous les hommes » (CEC, n. 1368).

La Prière eucharistique demande à Dieu de rassembler tous ses enfants dans la perfection de l’amour, en union avec le Pape et l’évêque, mentionnés par leur nom, signe que nous célébrons en communion avec l’Eglise universelle et avec l’Eglise particulière. La supplique, comme l’offrande, est présentée à Dieu pour tous les membres de l’Eglise, vivants et défunts, dans l’attente de la bienheureuse espérance de partager l’héritage éternel du ciel, avec la Vierge Marie (cf. CEC, n. 1369-1371). Rien ni personne n’est oublié dans la Prière eucharistique, mais chaque chose est reconduite à Dieu, comme le rappelle la doxologie qui la conclut. Personne n’est oublié. Et si je connais des personnes, des parents, des amis, qui sont dans le besoin ou qui sont passés dans l’autre monde, je peux les mentionner à ce moment, intérieurement et en silence, ou demander par écrit que leur nom soit mentionné. « Père, combien dois-je payer pour que mon nom soit mentionné là ? ». « Rien, c’est       compris ? Rien ! La Messe ne se paye pas. La Messe est le sacrifice du Christ, qui est gratuit. La rédemption est gratuite ». Si tu veux faire une offrande tu peux, mais on ne paye pas. Il est important de comprendre cela.

Cette formule codifiée de prière, peut sans doute nous sembler un peu éloignée - c’est vrai, c’est une formule antique - mais si nous en comprenons bien la signification, alors assurément, nous participerons mieux. En effet, elle exprime tout ce que nous accomplissons dans la célébration eucharistique ; en outre, elle nous enseigne à cultiver trois attitudes qui ne devraient jamais manquer aux disciples de Jésus. Les trois attitudes : d’abord, apprendre à « rendre grâce, toujours et en tout lieu », et pas seulement en certaines occasions, quand tout va bien ; deuxièmement, faire de notre vie un don d’amour, libre et gratuit ; troisièmement, construire la communion concrète, dans l’Eglise et avec tous. Donc, cette prière centrale de la Messe nous éduque, peu à peu, à faire de toute notre vie une                             « eucharistie », c’est-à-dire une action de grâce.

 (7 mars 2018)

 (11) Liturgie eucharistique : I – Préparation des dons

A la liturgie de la Parole - sur laquelle je me suis arrêté au cours des dernières catéchèses - fait suite l’autre partie constitutive de la Messe, qui est la liturgie eucharistique. Dans celle-ci, à travers les saints signes, l’Eglise rend continuellement présent le Sacrifice de la nouvelle alliance scellée par Jésus sur l’autel de la Croix (cf. Vatican II, Constitution Sacrosanctum Concilium, n° 47). L’autel de la Croix a été le premier autel chrétien, et lorsque nous nous approchons de l’autel pour célébrer la Messe, notre mémoire va à l’autel de la Croix, où a été accompli le premier sacrifice. Le prêtre, qui au cours de la Messe représente le Christ, accomplit ce que le Seigneur lui-même fit et confia aux disciples lors de la Dernière Cène : Il prit le pain et la coupe, rendit grâce, les donna aux disciples, en disant : « Prenez, mangez... buvez : ceci est mon corps... ceci est la coupe de mon sang. Vous ferez cela en mémoire de moi ».

Obéissant au commandement de Jésus, l’Eglise a organisé la liturgie eucharistique en moments qui correspondent aux paroles et aux gestes qu’Il a accomplis la veille de sa Passion. Ainsi, dans la préparation des dons, sont apportés à l’autel le pain et le vin, c’est-à-dire les éléments que le Christ a pris dans ses mains. Dans la Prière eucharistique, nous rendons grâce à Dieu pour l’œuvre de la rédemption et les dons offerts deviennent le Corps et le Sang de Jésus Christ. Suivent la fraction du Pain et la communion, à travers lesquels nous revivons l’expérience des apôtres qui reçurent les dons eucharistiques des mains du Christ lui-même (cf. Présentation générale du Missel romain, n. 72).

Au premier geste de Jésus : « il prit le pain et la coupe de vin » correspond donc la préparation des dons. C’est la première partie de la liturgie eucharistique. Il est bon que ce soient les fidèles qui présentent au prêtre le pain et le vin, parce qu’ils signifient l’offrande spirituelle de l’Eglise rassemblée en ce lieu pour l’Eucharistie. Il est beau que ce soient précisément les fidèles qui apportent à l’autel le pain et le vin. Bien qu’aujourd’hui, « les fidèles n’apportent plus, comme autrefois, du pain et du vin de chez eux, ce rite de l’apport des dons garde sa valeur et sa signification                 spirituelle » (ibid., n. 73). Et à cet égard, il est significatif qu’en ordonnant un nouveau prêtre, l’évêque, en lui remettant le pain et le vin, dise : « Reçois les offrandes du peuple saint pour le sacrifice eucharistique » (Pontifical romain - Ordination des évêques, des prêtres et des diacres). Le peuple de Dieu qui apporte l’offrande : le pain et le vin, la grande offrande pour la Messe ! Donc, dans les signes du pain et du vin, le peuple fidèle place son offrande dans les mains du prêtre, qui la dépose sur l’autel ou la table du Seigneur, « centre de toute la liturgie eucharistique » (PGMR, n. 73). C’est-à-dire que le centre de la Messe est l’autel, et l’autel est le Christ ; il faut toujours regarder l’autel qui est le centre de la Messe. Dans « le fruit de la terre et du travail de l’homme » est donc apporté l’engagement des fidèles à faire d’eux-mêmes, obéissant à la Parole divine, un « sacrifice agréable à Dieu le Père tout-puissant », « pour notre bien de celui de toute l’Eglise ». Ainsi, « la vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ et à sa totale offrande, et acquièrent ainsi une valeur nouvelle » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 1368).

Certes, notre offrande est peu de chose, mais le Christ a besoin de ce peu. Il nous demande peu, le Seigneur, et nous donne tant. Il nous demande peu. Il nous demande, dans la vie ordinaire, de la bonne volonté ; il nous demande un cœur ouvert ; il nous demande la volonté d’être meilleurs pour accueillir Celui qui s’offre lui-même à nous dans l’Eucharistie ; il nous demande ces offrandes symboliques qui deviendront ensuite Son corps et Son sang. Une image de ce mouvement oblatif de prière est représentée par l’encens qui, consumé dans le feu, libère une fumée parfumée qui monte vers le ciel : encenser les offrandes, comme on le fait les jours de fête, encenser la croix, l’autel, le prêtre et le peuple sacerdotal manifeste visiblement le lien d’offrande qui unit toutes ces réalités au sacrifice du Christ               (cf. PGMR, n. 75). Et ne pas oublier : il y a l’autel qui est le Christ, mais toujours en référence au premier autel qui est la Croix, et sur l’autel qui est le Christ nous apportons le peu que sont nos dons, le pain et le vin, qui deviendront ensuite beaucoup : Jésus lui-même qui se donne à nous.

Et tout cela est ce qu’exprime également la prière sur les offrandes. En elle, le prêtre demande à Dieu d’accepter les dons que l’Eglise lui offre, en invoquant le fruit de l’admirable échange entre notre pauvreté et sa richesse. Dans le pain et dans le vin, nous lui présentons l’offrande de notre vie, afin qu’elle soit transformée par l’Esprit Saint dans le sacrifice du Christ et qu’elle devienne en Lui une seule offrande spirituelle agréable au Père. Tandis que se conclut ainsi la préparation des dons, on se prépare à la Prière eucharistique (cf. ibid., n. 77).

Que la spiritualité du don de soi, que ce moment de la Messe nous enseigne, puisse illuminer nos journées, les relations avec les autres, les choses que nous faisons, les souffrances que nous rencontrons, en nous aidant à construire la cité terrestre à la lumière de l’Evangile.

 (28 février 2018)

(10) Liturgie de la Parole : III – Credo et Prière Universelle

A quoi l’écoute des lectures bibliques, prolongée dans l’homélie, répond-elle ? Répond à un droit : le droit spirituel du peuple de Dieu à recevoir avec abondance le trésor de la Parole de Dieu (cf. Introduction au lectionnaire, n° 45). En allant à la Messe, chacun de nous a le droit de recevoir en abondance la Parole de Dieu bien lue, bien proclamée, puis bien expliquée dans l’homélie. C’est un droit ! Et quand la Parole de Dieu n’est pas bien lue, qu’elle n’est pas prêchée avec ferveur par le diacre, par le prêtre ou par l’évêque, on contrevient au droit des fidèles. Nous avons le droit d’écouter la Parole de Dieu. Le Seigneur parle pour tous, pasteurs et fidèles. Il frappe au cœur de ceux qui participent à la Messe, chacun dans sa condition de vie, âge, situation. Le Seigneur console, appelle, suscite des germes de vie nouvelle et réconciliée. Et cela au moyen de sa Parole. Sa Parole frappe à la porte du cœur ; elle change les cœurs !

C’est pourquoi, après l’homélie, un temps de silence permet d’enraciner dans l’âme la semence reçue, afin que naissent des intentions d’adhésion à ce que l’Esprit a suggéré à chacun. Le silence après l’homélie. Un beau silence doit alors s’installer et chacun doit penser à ce qu’il a entendu.

Après ce silence, comment se poursuit la Messe ? La réponse personnelle de foi s’insère dans la profession de foi de l’Eglise, exprimée dans le Credo. Nous récitons tous le Credo lors de la Messe. Récité par toute l’assemblée, le Symbole manifeste la réponse commune à ce que l’on a écouté ensemble de la Parole de Dieu (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, nn. 185-197). Il existe un lien vital entre l’écoute et la foi. Elles sont unies. En effet, celle-ci - la foi - ne naît pas de l’imagination d’esprits humains mais, comme le rappelle saint Paul, elle « naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ » (Rm 10, 17). La foi est donc alimentée par l’écoute et conduit au sacrement. Ainsi, la récitation du              Credo fait que l’assemblée liturgique « se rappelle et professe les grands mystères de la foi avant que ne commence leur célébration dans l’Eucharistie »

(Présentation générale du Missel romain, n. 67).

Le Symbole de la foi lie l’Eucharistie au baptême, reçu « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », et nous rappelle que les sacrements sont compréhensibles à la lumière de la foi de l’Eglise.

La réponse à la Parole de Dieu accueillie avec foi s’exprime ensuite dans la supplication commune, appelée Prière universelle, parce qu’elle englobe les nécessités de l’Eglise et du monde (cf. Présentation Générale du Missel Romain PGMR, nn. 69-71Introduction au lectionnaire, nn. 30-31). Elle est également appelée Prière des fidèles.

Les Pères de Vatican II ont voulu rétablir cette prière après l’Evangile et l’homélie, en particulier le dimanche et les fêtes, « afin qu’avec la participation du peuple, on fasse des supplications pour la sainte Eglise, pour ceux qui détiennent l’autorité publique, pour ceux qui sont accablés par diverses détresses, et pour tous les hommes et le salut du monde entier » (Const. Sacrosanctum Concilium, n. 53 ;       cf. 1 Tm 2, 1-2). C’est pourquoi, sous la direction du prêtre qui introduit et conclut, « le peuple exerçant la fonction de son sacerdoce baptismal, présente à Dieu des prières pour le salut de tous » (PGMR, n. 69). Et après chaque intention, proposée par le diacre ou par un lecteur, l’assemblée unit sa voix en invoquant : « Seigneur, écoute-nous ».

Rappelons-nous, en effet, de ce que nous a dit le Seigneur Jésus : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez et cela se réalisera pour vous » (Jn 15, 7). « Mais nous ne croyons pas cela, car nous avons peu de foi ». Mais si nous avions la foi - dit Jésus - comme le gré de sénevé, nous aurions tout reçu. « Demandez ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous ». Et à ce moment de la prière universelle après le Credo, c’est le moment de demander au Seigneur les choses les plus fortes pendant la Messe, les choses dont nous avons besoin, ce que nous voulons. « Vous l’aurez » ; d’une façon ou d’une autre, mais « vous l’aurez ». « Tout est possible à celui qui croit », a dit le Seigneur. Qu’a répondu cet homme auquel le Seigneur s’est adressé pour dire cette parole - tout est possible à celui qui croit - ? Il a dit : « Je crois Seigneur. Viens en aide à mon peu de foi ». Nous aussi nous pouvons dire : « Seigneur, je crois. Viens en aide à mon peu de foi ». Et nous devons faire cette prière avec cet esprit de foi : « Je crois Seigneur. Viens en aide à mon peu de foi ». Les prétentions de logiques mondaines, en revanche, ne décollent pas vers le Ciel, tout comme les demandes auto-référentielles ne trouvent pas d’écoute (cf. Jacques, 4, 2-3). Les intentions pour lesquelles le peuple est invité à prier doivent donner voix aux besoins concrets de la communauté ecclésiale et du monde, en évitant de recourir à des formules conventionnelles et myopes. La prière « universelle », qui conclut la liturgie de la Parole, nous exhorte à faire nôtre le regard de Dieu, qui prend soin de tous ses enfants.

 (14 février 2018)

(9) Liturgie de la Parole : II - L’évangile et l’homélie

Nous continuons avec les catéchèses sur la Messe. Nous étions arrivés aux lectures.

Le dialogue entre Dieu et son peuple, développé dans la liturgie de la Parole de la Messe, atteint son point culminant dans la proclamation de l’Evangile. Il est précédé par le chant de l’Alleluia - ou encore, pendant le carême, par une autre acclamation - avec laquelle « l’assemblée des fidèles accueille et salue le Seigneur qui va leur parler dans l’Evangile » (Présentation générale du Missel romain, PGMR, n° 62). De même que les mystères du Christ illuminent la révélation biblique tout entière, ainsi, dans la liturgie de la Parole, l’Evangile constitue la lumière pour comprendre le sens des textes bibliques qui le précèdent, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament. En effet, « le Christ est le centre et la plénitude de toute l’Ecriture et de toute la célébration liturgique » (Introduction au lectionnaire, n° 5). Au centre, il y a toujours Jésus Christ, toujours.

C’est pourquoi la liturgie elle-même distingue l’Evangile des autres lectures et l’entoure d’un honneur et d’une vénération particuliers (cf. PGMR, n° 60 et 134). En effet, sa lecture est réservée au ministre ordonné, qui termine en baisant le livre ; on se met à l’écoute en se levant et en faisant le signe de la croix sur le front, la bouche et la poitrine ; les cierges et l’encens honorent le Christ qui, à travers la lecture évangélique, fait retentir sa parole concrète. Dans ces signes, l’assemblée reconnaît la présence du Christ qui lui adresse la « bonne parole », qui convertit et transforme. C’est un discours direct qui a lieu, comme l’attestent les acclamations par lesquelles on répond à la proclamation : « Gloire à toi, Seigneur ! » et « Louange à toi, Seigneur Jésus ! ». Nous nous levons pour écouter l’Evangile, c’est là le Christ qui nous parle. Et c’est pour cela que nous sommes attentifs, parce que c’est un dialogue direct. C’est le Seigneur qui nous parle. Alors, à la Messe, nous ne lisons pas l’Evangile pour savoir comment les choses se sont passées, mais nous écoutons l’Evangile pour prendre conscience de ce que Jésus a fait et dit un jour ; que cette Parole est vivante, la Parole de Jésus qui est dans l’Evangile est vivante et arrive à mon cœur. C’est pour cela qu’écouter l’Evangile est si important, avec le cœur ouvert, parce que c’est une Parole vivante. Saint Augustin écrit que « la bouche du Christ est l’Evangile. Il règne au ciel, mais il ne cesse de parler sur terre » (Sermon 85, 1 ; cf. également Traité sur l’Evangile de Jean, XXX, I). S’il est vrai que, dans la liturgie, « le Christ annonce encore l’Evangile » (Sacrosanctum Concilium, n° 33), il en découle qu’en participant à la Messe, nous devons lui donner une réponse. Nous écoutons l’Evangile et nous devons donner une réponse dans notre vie.

Pour faire parvenir son message, le Christ se sert également de la parole du prêtre qui, après l’Evangile, prononce l’homélie (cf. PGMR n° 65-66). Recommandée vivement par le Concile Vatican II comme partie de la liturgie même (Sacrosanctum Concilium, n° 52), l’homélie n’est pas un discours de circonstance - pas même une catéchèse comme celle que je tiens à présent - ni une conférence ou une leçon, l’homélie est une autre chose. Qu’est-ce que l’homélie ? Elle « reprend ce dialogue qui est déjà engagé entre le Seigneur et son peuple » (La joie de l’évangile, n° 137), afin qu’il trouve son accomplissement dans la vie. L’exégèse authentique de l’Evangile est notre vie sainte ! La Parole du Seigneur termine sa course en se faisant chair en nous, en se traduisant en œuvres, comme cela a eu lieu chez Marie et les saints. Rappelez-vous ce que j’ai dit la dernière fois : la Parole du Seigneur entre par les oreilles, arrive au cœur et va jusqu’aux mains, aux bonnes œuvres. Et l’homélie suit, elle aussi, la Parole du Seigneur, et fait également ce parcours pour nous aider, afin que la Parole du Seigneur arrive jusqu’aux mains, en passant par le cœur. J’ai déjà traité le thème de l’homélie dans l’exhortation La joie de l’évangile, où je rappelais que le contexte liturgique « exige que la prédication oriente l’assemblée, et aussi le prédicateur, vers une communion avec le Christ dans l’Eucharistie qui transforme la vie » (La joie de l’évangile, n° 138).

Celui qui prononce l’homélie doit bien accomplir son ministère - celui qui prêche, le prêtre ou le diacre ou l’évêque - en offrant un réel service à tous ceux qui participent à la Messe, mais ceux qui l’écoutent doivent également jouer leur rôle. Avant tout en prêtant l’attention qui est due, c’est-à-dire en assumant les justes dispositions intérieures, sans prétentions subjectives, en sachant que chaque prédicateur a des qualités et des limites. S’il existe parfois des motifs d’ennui, parce que l’homélie est longue ou n’est pas centrée ou incompréhensible, d’autres fois, c’est le préjugé qui en revanche crée un obstacle. Et celui qui prononce l’homélie doit être conscient qu’il ne fait pas une chose pour lui-même ; il prêche en donnant voix à Jésus, il prêche la Parole de Jésus. Et l’homélie doit être bien préparée, elle doit être brève, brève ! Un prêtre me disait qu’un jour, il était allé dans une autre ville où habitaient ses parents et son père lui avait dit : « Tu sais, je suis content, parce qu’avec mes amis, nous avons trouvé une église où on célèbre la Messe sans homélie ! ». Et combien de fois nous voyons qu’au cours de l’homélie, certains s’endorment, d’autres discutent ou sortent dehors fumer une cigarette... Pour cela, s’il vous plaît, que l’homélie soit brève, mais qu’elle soit bien préparée. Et comment prépare-t-on une homélie, chers prêtres, diacres, évêques ? Comment la prépare-t-on ? Par la prière, par l’étude de la Parole de Dieu et en faisant une synthèse claire et brève, elle ne doit pas dépasser dix minutes, s’il vous plaît.

En conclusion, nous pouvons dire que, dans la liturgie de la Parole, à travers l’Evangile et l’homélie, Dieu dialogue avec son peuple, qui l’écoute avec attention et vénération et, dans le même temps, le reconnaît présent et à l’œuvre. Si donc, nous nous plaçons à l’écoute de la « bonne nouvelle », nous serons convertis et transformés par elle, et donc capables de nous transformer, ainsi que le monde. Pourquoi ? Parce que la Bonne Nouvelle, la Parole de Dieu entre par les oreilles, va au cœur et arrive jusqu’aux mains pour réaliser de bonnes œuvres.

 (7 février 2018)

(8) Liturgie de la Parole

I - Dialogue entre Dieu et son peuple

Après nous être arrêtés sur les rites d’introduction, nous prenons à présent en considération la liturgie de la Parole, qui est une partie constitutive, car nous nous rassemblons précisément pour écouter ce que Dieu a fait et entend encore faire pour nous. C’est une expérience qui a lieu « en direct » et non par ouï-dire, car « lorsqu’on lit dans l’Eglise la Sainte Ecriture, c’est Dieu lui-même qui parle à son peuple, et c’est le Christ, présent dans sa parole, qui annonce l’Evangile » (Présentation générale du Missel romain, n. 29 ; cf. Const. Sacrosanctum concilium, 7 ; 33).

Mais, souvent, alors qu’on est en train de lire la Parole de Dieu, on commente :  « Regarde celui-ci..., regarde celle-ci..., regarde le chapeau qu’a mis celle-là : il est ridicule... ». Et on commence à faire des commentaires. N’est-ce pas vrai ? Doit-on faire des commentaires pendant que la Parole de Dieu est lue ? Non, parce que si tu bavardes avec les gens, tu n’écoutes pas la Parole de Dieu. Quand on lit la Parole de Dieu dans la Bible - la première lecture, la deuxième, le Psaume responsorial et l’Evangile - nous devons écouter, ouvrir notre cœur, parce que c’est Dieu lui-même qui nous parle et il ne faut pas penser à d’autres choses ou parler d’autres choses. Est-ce clair ?... Je voudrais vous expliquer ce qui se passe dans cette liturgie de la Parole.

Les pages de la Bible cessent d’être un écrit pour devenir une parole vivante, prononcée par Dieu. C’est Dieu qui, à travers la personne qui lit, nous parle et nous interpelle alors que nous écoutons avec foi. L’Esprit « qui a parlé par les prophètes » (Credo) et a inspiré les auteurs sacrés, fait en sorte que « la Parole de Dieu opère vraiment dans les cœurs ce qu’elle fait retentir dans les oreilles » (Lectionnaire, Introd., n. 9). Mais pour écouter la Parole de Dieu, il faut également avoir le cœur ouvert pour recevoir la Parole dans son cœur. Dieu nous parle et nous l’écoutons, pour ensuite mettre en pratique ce que nous avons entendu. Il est très important d’écouter. Parfois, nous ne comprenons peut-être pas bien, car certaines lectures sont un peu difficiles. Mais Dieu nous parle tout de même d’une autre manière. Il faut rester en silence et écouter la Parole de Dieu. N’oubliez pas cela. A la Messe, quand les lectures commencent, écoutons la Parole de Dieu.

Nous avons besoin de l’écouter ! C’est en effet une question de vie, comme le rappelle bien l’expression marquante qui dit que « ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4). La vie que nous donne la Parole de Dieu. C’est dans ce sens que nous parlons de la liturgie de la Parole comme de la « table » que le Seigneur dresse pour nourrir notre vie spirituelle. C’est une table abondante que celle de la liturgie, qui puise largement aux trésors de la Bible (cf. Sacrosanctum concilium, n. 51), que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau testament, car dans ceux-ci est annoncé par l’Eglise l’unique et identique mystère du Christ (cf. Lectionnaire, Introd., n. 5). Pensons à la richesse des lectures bibliques offertes par les trois cycles dominicaux qui, à la lumière des Evangiles synoptiques, nous accompagnent au cours de l’année liturgique : une grande richesse. Je désire également rappeler ici l’importance du Psaume responsorial, dont la fonction est de favoriser la méditation de ce qui a été entendu pendant la lecture qui le précède. Il est bon que le Psaume soit valorisé par le chant, au moins dans le refrain (cf. PGMR, n. 61 ; Lectionnaire, Introd., 19-22).

La proclamation liturgique des mêmes lectures, avec les chants tirés des Saintes Ecritures, exprime et favorise la communion ecclésiale, en accompagnant le chemin de tous et de chacun. On comprend donc pourquoi certains choix subjectifs, comme l’omission de lectures ou leur remplacement par des textes non bibliques, sont interdits. J’ai entendu dire que certains, s’il y a une nouvelle, lisent le journal, parce que c’est la nouvelle du jour. Non ! La Parole de Dieu est la Parole de Dieu ! Nous pouvons lire le journal après. Mais là, on doit lire la Parole de Dieu. C’est le Seigneur qui nous parle. Remplacer cette Parole par d’autres choses appauvrit et compromet le dialogue entre Dieu et son peuple en prière. Au contraire, sont nécessaires la dignité de l’ambon et l’utilisation du Lectionnaire, la disponibilité de bons lecteurs et psalmistes. Mais il faut chercher de bons lecteurs ! Ceux qui savent lire, pas ceux qui lisent en déformant les mots et font que l’on ne comprenne rien. C’est ainsi. De bons lecteurs. Ils doivent se préparer et faire un essai avant la Messe, pour bien lire. Cela crée un climat de silence réceptif.

Nous savons que la Parole du Seigneur est une aide indispensable pour ne pas nous égarer, comme le reconnaît bien le Psalmiste qui, s’adressant au Seigneur, confesse : « Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route » (Sal 119, 105). Comment pourrions-nous affronter notre pèlerinage terrestre, avec ses difficultés et ses épreuves, sans être régulièrement nourris et éclairés par la Parole de Dieu qui retentit dans la liturgie ?

Certes, il ne suffit pas d’entendre avec les oreilles, sans accueillir dans le cœur la semence de la Parole divine, en lui permettant de porter du fruit. Souvenons-nous de la parabole du semeur et des différents résultats selon les divers types de terrain (cf. Mc 4, 14-20). L’action de l’Esprit, qui rend la réponse efficace, a besoin de cœurs qui se laissent travailler et cultiver, pour que ce que l’on écoute pendant la Messe passe dans la vie quotidienne, selon l’admonestation de l’apôtre Jacques : « Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes ! » (Jc 1, 22). La Parole de Dieu accomplit un chemin en nous. Nous l’écoutons avec nos oreilles et elle passe dans notre cœur ; elle ne reste pas dans les oreilles, elle doit aller au cœur ; et du cœur elle passe aux mains, aux bonnes œuvres. Tel est le parcours que fait la Parole de Dieu : des oreilles au cœur et aux mains. Apprenons ces choses. Merci!

 (31 janvier 2018)

(7) Le chant du « Gloire à Dieu » et la prière collecte

Dans le parcours de catéchèses sur la célébration eucharistique, nous avons vu que l’acte de pénitence nous aide à nous dépouiller de nos présomptions et à nous présenter à Dieu tels que nous sommes réellement, conscients d’être des pécheurs, dans l’espérance d’être pardonnés.

C’est précisément de la rencontre entre la pauvreté humaine et la miséricorde divine que prend vie la gratitude exprimée dans le « Gloria », «une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l’Eglise, rassemblée dans l’Esprit Saint, glorifie Dieu le Père ainsi que l’Agneau qu’elle supplie» (Présentation générale du missel romain, n. 53).

Le début de cette hymne « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » reprend le chant des Anges à la naissance de Jésus à Bethléem, annonce joyeuse de l’union entre le ciel et la terre. Ce chant nous touche nous aussi, qui sommes recueillis en prière : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

Après le « Gloria » ou en l’absence de celui-ci, immédiatement après l’acte pénitentiel, la prière revêt une forme particulière dans l’oraison appelée           « collecte », au moyen de laquelle est exprimé le caractère propre de la célébration, qui varie selon les jours et les temps de l’année (cf. ibid., n. 54). Avec l’invitation « prions », le prêtre exhorte le peuple à se recueillir avec lui dans un moment de silence, afin de prendre conscience d’être en présence de Dieu et de faire ressortir, chacun dans son cœur, les intentions personnelles avec lesquelles il participe à la Messe (cf. ibid., n. 54). Le prêtre dit : « prions » ; puis a lieu un moment de silence, et chacun pense aux choses dont il a besoin, qu’il veut demander, dans la prière.

Le silence ne se réduit pas à l’absence de paroles, mais signifie se disposer à écouter d’autres voix : celle de notre cœur et surtout, la voix de l’Esprit Saint. Dans la liturgie, la nature du silence sacré dépend du moment où il a lieu : « Pendant l’acte pénitentiel et après l’invitation à prier, chacun se recueille ; après une lecture ou l’homélie, on médite brièvement ce qu’on a entendu ; après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure » (ibid., n. 45). Donc, avant la prière initiale, le silence aide à nous recueillir en nous-mêmes et à penser à la raison pour laquelle nous sommes là. D’où l’importance d’écouter notre âme pour l’ouvrir ensuite au Seigneur. Peut-être venons-nous de connaître des jours de fatigue, de joie, de douleur, et nous voulons le dire au Seigneur, invoquer son aide, demander qu’il soit proche de nous ; peut-être avons-nous des parents et des amis malades ou qui traversent des périodes difficiles ; peut-être désirons-nous confier à Dieu le destin de l’Eglise et du monde. C’est à cela que sert le bref silence avant que le prêtre, recueillant les intentions de chacun, ne récite à haute voix à Dieu, au nom de tous, la prière commune qui conclut les rites d’introduction, en faisant précisément la « collecte » des intentions individuelles. Je recommande vivement aux prêtres d’observer ce moment de silence et de ne pas se presser : « prions », et que l’on fasse silence. Je recommande cela aux prêtres. Sans ce silence, nous risquons de négliger le recueillement de l’âme.

Le prêtre récite cette supplique, cette prière de collecte, les bras ouverts, c’est la position de l’orant, adoptée par les chrétiens depuis les premiers siècles - comme en témoignent les fresques des catacombes romaines - pour imiter le Christ les bras ouverts sur le bois de la croix. Et là, le Christ est l’orant et dans le même temps la prière ! Dans le Crucifié, nous reconnaissons le prêtre qui offre à Dieu le culte qu’il aime, c’est-à-dire l’obéissance filiale.

Dans le rite romain, les prières sont concises, mais riches de signification : on peut faire beaucoup de belles méditations sur ces prières ! Si belles ! En méditer à nouveau les textes, même en dehors de la Messe, peut nous aider à apprendre comment nous adresser à Dieu, que demander, quelles paroles utiliser. Puisse la liturgie devenir pour nous tous une véritable école de prière.

(10 janvier 2018)

(6) L’acte pénitentiel

En reprenant les catéchèses sur la célébration eucharistique, nous prenons aujourd’hui en considération, dans le contexte des rites d’introduction, l’acte pénitentiel. Dans sa sobriété, celui-ci favorise l’attitude avec laquelle se disposer à célébrer dignement les saints mystères, c’est-à-dire en reconnaissant nos péchés devant Dieu et nos frères, en reconnaissant que nous sommes pécheurs. En effet, l’invitation du prêtre s’adresse à toute la communauté en prière, parce que nous sommes tous pécheurs. Que peut donner le Seigneur à celui qui a le cœur plein de lui-même, de son propre succès ? Rien, parce que le présomptueux est incapable de recevoir le pardon, rassasié comme il l’est de sa prétendue justice. Pensons à la parabole du pharisien et du publicain, où seul le second - le publicain - revient chez lui justifié, c’est-à-dire pardonné (cf. Lc 18, 9-14). Celui qui est conscient de ses propres misères et qui baisse les yeux avec humilité, sans se poser sur lui le regard miséricordieux de Dieu. Nous savons par expérience que seul celui qui sait reconnaître ses erreurs et demander pardon reçoit la compréhension et le pardon des autres.

Ecouter en silence la voix de la conscience permet de reconnaître que nos pensées sont éloignées des pensées divines, que nos paroles et nos actions sont souvent mondaines, c’est-à-dire qu’elles ne sont guidées que par des choix contraires à l’Evangile. C’est pourquoi, au début de la Messe, nous accomplissons de manière communautaire l’acte pénitentiel à travers une formule de confession générale, prononcée à la première personne du singulier. Chacun confesse à Dieu et à ses frères d’avoir « péché, en parole, par action et par omission ». Oui, aussi par omission, c’est-à-dire d’avoir négligé de faire le bien que j’aurais pu faire. Nous nous sentons souvent de braves personnes parce que - disons-nous - « je n’ai fait de mal à personne ». En réalité, il ne suffit pas de ne pas faire de mal à son prochain, il faut choisir de faire le bien en saisissant les occasions pour rendre un bon témoignage du fait que nous sommes des disciples de Jésus. Il est bon de souligner que nous confessons aussi bien à Dieu qu’à nos frères que nous sommes pécheurs : cela nous aide à comprendre la dimension du péché qui, alors qu’il nous sépare de Dieu, nous divise également de nos frères et inversement. Le péché coupe : il coupe la relation avec Dieu et il coupe la relation avec nos frères, la relation dans la famille, dans la société, dans la communauté : le péché coupe toujours, il sépare, il divise.

Les mots que nous prononçons avec la bouche sont accompagnés par le geste de se frapper la poitrine, en reconnaissant que j’ai péché précisément par ma faute, et non par la faute des autres. Il arrive en effet souvent que, par peur ou par honte, nous pointions le doigt pour accuser les autres. Cela coûte d’admettre d’être coupables, mais cela nous fait du bien de le confesser avec sincérité. Confesser ses propres péchés. Je me souviens d’une anecdote, qu’un missionnaire âgé racontait, à propos d’une femme qui est allée se confesser et qui a commencé à raconter les fautes de son mari ; ensuite, elle a poursuivi en racontant les fautes de sa belle-mère et ensuite les péchés de ses voisins. A un certain moment, le confesseur lui a dit : « Mais dites-moi, Madame : vous avez fini ? - Très bien : vous avez fini avec les péchés des autres. Maintenant, commencez à dire les vôtres ». Dire ses propres péchés !

Après la confession du péché, nous supplions la Bienheureuse Vierge Marie, les anges et les saints de prier le Seigneur pour nous. En cela aussi, la communion des saints est précieuse : c’est-à-dire que l’intercession de ces « amis et modèles de vie » (Préface du 1er novembre) nous soutient sur le chemin vers la pleine communion avec Dieu, quand le péché sera définitivement anéanti.

Outre le « Je confesse », on peut accomplir l’acte pénitentiel avec d’autres formules, par exemple : « Seigneur, accorde-nous ton pardon / Nous avons péché contre toi / Montre-nous ta miséricorde » (cf. Ps 123, 3 ; 85, 8 ; Jr 14, 20). Le dimanche, en particulier, on peut accomplir la bénédiction et l’aspersion de l’eau en mémoire du baptême (cf. Présentation générale du Missel romain, n. 51), qui efface tous les péchés. Il est aussi possible, comme partie de l’acte pénitentiel, de chanter le Kyrie eléison : avec une antique expression grecque, nous acclamons le Seigneur - Kyrios - et nous implorons sa miséricorde (ibid., n. 52).

L’Ecriture Sainte nous offre de lumineux exemples de figures « pénitentes » qui, en revenant en elle-même après avoir commis le péché, trouvent le courage d’ôter leur masque et de s’ouvrir à la grâce qui renouvelle le cœur. Pensons au roi David et aux paroles qui lui sont attribuées dans le Psaume : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché » (51, 3). Pensons au fils prodigue qui revient auprès de son père ; ou à l’invocation du publicain : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! » (Lc 18, 13). Pensons également à saint Pierre, à Zachée, à la femme samaritaine. Se mesurer avec la fragilité de l’argile dont nous sommes façonnés est une expérience qui nous fortifie : alors qu’elle nous place en face de notre faiblesse, elle ouvre notre cœur pour invoquer la miséricorde divine qui transforme et convertit. Et c’est cela que nous accomplissons dans l’acte pénitentiel au début de la Messe.

(3 janvier 2018)

(5) Les rites d'introduction de la messe

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je voudrais entrer dans le vif de la célébration eucharistique. La messe est composée de deux parties qui sont la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique, si étroitement liées entre elles qu’elles forment un unique acte de culte (cfr Sacrosanctum Concilium, 56; Présentation générale du Missel romain, 28). Introduite par quelques rites préparatoires et conclue par d’autres, la célébration est donc un unique corps et l’on ne peut pas séparer mais, pour une meilleure compréhension, je chercherai à expliquer ses différents moments, chacun desquels est capable de toucher et d’impliquer une dimension de notre humanité. Il est nécessaire de connaître ces signes saints pour vivre pleinement la messe et goûter toute sa beauté.

Quand le peuple est rassemblé, la célébration s’ouvre par les rites d’introduction, qui comprennent l’entrée des célébrants ou du célébrant, la salutation – « Le Seigneur soit avec vous », « La paix soit avec vous » -, l’acte pénitentiel – « Je confesse », où nous demandons pardon pour nos péchés -, le Kyrie eleison, l’hymne du Gloire à Dieu et l’oraison collecte : on l’appelle « collecte », non pas parce qu’on fait la collecte des offrandes ; c’est la collecte des intentions de prière de tous les peuples ; et cette collecte de l’intention des peuples monte au ciel comme une prière. Leur but – de ces rites d’introduction – est de faire « que les fidèles, réunis ensemble, forment une communauté et se disposent à écouter avec foi la Parole de Dieu et à célébrer dignement l’Eucharistie » (Présentation générale du Missel romain, 46). Ce n’est pas une bonne habitude de regarder sa montre en disant : « Je suis dans les temps, j’arrive après le sermon et comme cela, j’accomplis le précepte ». La messe commence par le

Signe de croix, par ces rites d’introduction, parce que c’est là que nous commençons à adorer Dieu en communauté. Et c’est pourquoi il est important de prévoir de ne pas arriver en retard, mais au contraire à l’avance, pour préparer son cœur à ce rite, à cette célébration de la communauté.

Tandis que, normalement, on chante le chant d’entrée, le prêtre et les autres ministres rejoignent en procession le presbyterium et là, ils saluent l’autel en s’inclinant et, en signe de vénération, ils l’embrassent et, quand il y a de l’encens, il l’encense. Pourquoi ? Parce que l’autel est le Christ : c’est la figure du Christ. Quand nous regardons l’autel, nous regardons précisément là où est le Christ. L’autel est le Christ. Ces gestes, qui risquent de passer inobservés, sont très importants parce qu’ils expriment dès le début que la messe est une rencontre d’amour avec le Christ qui, « en offrant son corps sur la croix […] devient l’autel, la victime et le prêtre » (préface de Pâques V). L’autel, en effet, en tant que signe du Christ, « est le centre de l’action de grâce qui s’accomplit par l’Eucharistie » (Présentation générale du Missel romain, 296) et toute la communauté autour de l’autel qui est le Christ ; non pas pour se regarder mais pour regarder le Christ, parce que le Christ est au centre de la communauté, il n’en est pas loin.

Ensuite il y a le signe de croix. Le prêtre qui préside le trace sur lui-même et tous les membres de l’assemblée font la même chose, conscients que l’acte liturgique s’accomplit « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Et ici, je passe à un autre tout petit sujet. Avez-vous vu comment les enfants font le signe de croix ? Ils ne savent pas ce qu’ils font : parfois, ils font un dessin qui n’est pas le signe de la croix. S’il vous plaît, mamans et papas, grands-parents, enseignez aux enfants, dès le début – tout petits – à bien faire le signe de croix. Et expliquez-lui que c’est comme la protection de la croix de Jésus. Et la messe commence par le signe de croix. Toute la prière se déroule, pour ainsi dire, dans l’espace de la très Sainte Trinité – « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » -, qui est un espace de communion infinie ; il a comme origine et comme fin l’amour de Dieu un et trine, qui nous est manifesté et donné dans la croix du Christ. En effet, son mystère pascal est le don de la Trinité et l’Eucharistie jaillit toujours de son cœur transpercé. En nous marquant du signe de la croix, par conséquent, non seulement nous faisons mémoire de notre baptême, mais nous affirmons que la prière liturgique est la rencontre avec Dieu dans le Christ Jésus qui, pour nous, s’est incarné, est mort sur la croix et est ressuscité glorieux.

Ensuite le prêtre prononce la salutation liturgique par l’expression : « Le Seigneur soit avec vous », ou une autre semblable – il y en a plusieurs – et l’assemblée répond : « Et avec ton esprit ». Nous sommes en dialogue ; nous sommes au début de la messe et nous devons penser à la signification de tous ces gestes et paroles. Nous entrons dans une « symphonie » dans laquelle résonnent différentes tonalités de voix, y compris des temps de silence, en vue de créer l’« accord » entre tous les participants, c’est-à-dire de nous reconnaître animés par un unique Esprit et pour un même but. En effet, « la salutation sacerdotale et la réponse du peuple manifestent le mystère de l’Église rassemblée (Présentation générale du Missel romain, 50). On exprime ainsi la foi commune et le désir mutuel de rester avec le Seigneur et de vivre l’unité avec toute la communauté.

Et c’est une symphonie priante qui se crée et qui présente aussitôt un moment très touchant parce que celui qui préside invite tout le monde à reconnaître ses proches péchés. Nous sommes tous pécheurs. Je ne sais pas, peut-être que l’un d’entre vous n’est pas un pécheur… Si quelqu’un n’est pas un pécheur, qu’il lève la main s’il vous plaît, comme cela nous verrons tous. Mais il n’y a pas de mains levées, cela va bien : vous êtes de bonne foi ! Nous sommes tous pécheurs ; et c’est pourquoi nous demandons pardon au début de la messe. C’est l’acte pénitentiel. Il ne s’agit pas seulement de penser aux péchés commis, mais c’est beaucoup plus : c’est l’invitation à se confesser pécheurs devant Dieu et devant la communauté, devant les frères, avec humilité et sincérité, comme le publicain au temple. Si vraiment l’Eucharistie rend présent le mystère pascal, à savoir le passage du Christ de la mort à la vie, alors la première chose que nous devons faire est de reconnaître quelles sont nos situations de mort pour pouvoir ressusciter avec lui à une vie nouvelle. Cela nous fait comprendre combien l’acte pénitentiel est important. Et c’est pourquoi nous reprendrons ce sujet dans la prochaine catéchèse.

Nous avançons pas à pas dans l’explication de la messe. Mais j’insiste : enseignez bien à vos enfants à faire le signe de croix, s’il vous plaît !

Pape François 20 déc. 2017

 

 (4) Pourquoi aller à la messe le dimanche ?

En reprenant le chemin de catéchèses sur la Messe, nous nous demandons aujourd’hui : pourquoi aller à la Messe le dimanche ?

La célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Eglise (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2177). Nous, chrétiens, allons à la Messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité ; ou mieux, pour nous laisser rencontrer par Lui, écouter sa parole, nous nourrir à sa table, et devenir ainsi Eglise, c’est-à-dire son Corps mystique vivant dans le monde.

C’est ce qu’ont compris, dès la première heure, les disciples de Jésus - qui ont célébré la rencontre eucharistique avec le Seigneur le jour de la semaine que les Juifs appelaient « le premier de la semaine » et les Romains « le jour du soleil » - parce que, ce jour-là, Jésus était ressuscité d’entre les morts et était apparu aux disciples, en parlant avec eux, en mangeant avec eux, en leur donnant l’Esprit Saint (cf. Mt 28, 1; Mc 16, 9.14; Lc 24, 1.13; Jn 20, 1.19), comme nous l’avons entendu dans la Lecture biblique. La grande effusion de l’Esprit à la Pentecôte a eu lieu elle aussi le dimanche, le cinquantième jour après la résurrection de Jésus. Pour cette raison, le dimanche est un jour saint pour nous, sanctifié par la célébration eucharistique, présence vivante du Seigneur parmi nous et pour nous. C’est donc la Messe qui fait le dimanche chrétien ! Le dimanche chrétien tourne autour de la Messe. Qu’est-ce qu’un dimanche, pour un chrétien, s’il manque la rencontre avec le Seigneur ?

Il y a des communautés chrétiennes qui, malheureusement, ne peuvent pas bénéficier de la Messe chaque dimanche ; toutefois, elles aussi, en ce saint jour, sont appelées à se recueillir en prière au nom du Seigneur, en écoutant la Parole de Dieu et en maintenant vivant le désir de l’Eucharistie.

Certaines sociétés sécularisées ont égaré le sens chrétien du dimanche illuminé par l’Eucharistie. Quel dommage ! (en italien : « è peccato questo !) Dans ces contextes, il est nécessaire de raviver cette conscience, pour retrouver la signification de la fête, la signification de la joie, de la communauté paroissiale, de la solidarité, du repos qui restaure l’âme et le corps (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, nn. 2177-2188). L’Eucharistie nous enseigne toutes ces valeurs, dimanche après dimanche. Voilà pourquoi le Concile Vatican II a voulu redire que « le jour dominical est le jour de fête primordial qu’il faut proposer et inculquer à la piété des fidèles, de sorte qu’il devienne aussi jour de joie et de cessation du travail » (Sacrosanctum Concilium,        n. 106).

L’abstention du travail le dimanche n’existait pas aux premiers siècles : c’est une contribution spécifique du christianisme. Pour la tradition biblique, les juifs se reposaient le samedi tandis que, dans la société romaine, aucun jour hebdomadaire d’abstention des tâches serviles n’était prévu. Ce fut le sens chrétien de vivre en tant qu’enfants et non en tant qu’esclaves qui fit du dimanche - presque universellement - le jour du repos.

Sans le Christ, nous sommes condamnés à être dominés par la fatigue du quotidien, avec ses préoccupations, et par la peur du lendemain. La rencontre du dimanche avec le Seigneur nous donne la force de vivre l’aujourd’hui avec confiance et courage et d’aller de l’avant avec espérance. Voilà pourquoi nous, chrétiens, nous allons à la rencontre du Seigneur le dimanche, dans la célébration eucharistique.

La communion eucharistique avec Jésus, ressuscité et vivant pour l’éternité, anticipe le dimanche sans crépuscule, quand il n’y aura plus de fatigue, ni de douleur, ni de deuil, ni de larmes, mais seulement la joie de vivre pleinement et pour toujours avec le Seigneur. C’est également de ce repos bienheureux que nous parle la Messe du dimanche, en nous enseignant, tout au long de la semaine, à nous confier entre les mains du Père qui est aux cieux.

Que pouvons-nous répondre à ceux qui disent que cela ne sert à rien d’aller à la Messe, pas même le dimanche, parce que l’important est de bien vivre, d’aimer son prochain ? Il est vrai que la qualité de la vie chrétienne se mesure à la capacité d’aimer, comme l’a dit Jésus : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13,35) ; mais comment pouvons-nous pratiquer l’Evangile sans puiser l’énergie nécessaire pour le faire, un dimanche après l’autre, à la source intarissable de l’Eucharistie ? Nous n’allons pas à la Messe pour donner quelque chose à Dieu, mais pour recevoir de Lui ce dont nous avons véritablement besoin. C’est ce que rappelle la prière de l’Eglise, qui s’adresse ainsi à Dieu : « Tu n’as pas besoin de notre louange, et pourtant c’est toi qui nous donnes de répondre à tes bienfaits en te rendant grâce ; nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais nous font progresser vers le salut » (Missel romain, Préface commune IV).

En conclusion, pourquoi aller à la Messe le dimanche ? Il ne suffit pas de répondre que c’est un précepte de l’Eglise ; cela aide à en préserver la valeur, mais cela seul ne suffit pas. Nous, chrétiens, avons besoin de participer à la Messe du dimanche parce que ce n’est qu’avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et être ainsi ses témoins crédibles.

(Pape François, catéchèse du 13 déc. 2017)

(3) La messe est le mémorial du mystère pascal du Christ (22 nov. 2017)

En poursuivant les catéchèses sur la Messe, nous pouvons nous demander : qu’est essentiellement la Messe ? La Messe est le mémorial du Mystère pascal du Christ. Elle nous rend participants de sa victoire sur le péché et la mort, et donne sa pleine signification à notre vie.

C’est pourquoi, pour comprendre la valeur de la Messe, nous devons alors avant tout comprendre la signification biblique du « mémorial ». Celui-ci « n’est pas seulement le souvenir des événements du passé [...] ils deviennent d’une certaine façon présente et actuelle. C’est de cette manière qu’Israël comprend sa libération d’Egypte : chaque fois qu’est célébrée la Pâque, les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils y conforment leur vie » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 1363). Jésus Christ, avec sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension au ciel a conduit la Pâque à son accomplissement. Et la Messe est le mémorial de sa Pâque, de son « exode », qu’il a accompli pour nous, pour nous faire sortir de l’esclavage et nous introduire dans la terre promise de la vie éternelle. Ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est passé il y a vingt siècles.

L’Eucharistie nous conduit toujours au sommet de l’action de salut de Dieu : le Seigneur Jésus, en se faisant pain rompu pour nous, déverse sur nous toute sa miséricorde et son amour, comme il l’a fait sur la croix, de manière à renouveler notre cœur, notre existence et notre manière de nous mettre en relation avec Lui et avec nos frères. Le Concile Vatican ii dit : « Toutes les fois que le sacrifice de la croix par lequel le Christ notre pâque a été immolé se célèbre sur l’autel, l’œuvre de notre Rédemption s’opère » (Const. dogm. Lumen gentium, n. 3).

Chaque célébration de l’Eucharistie est un rayon de ce soleil qui ne se couche jamais qu’est Jésus ressuscité. Participer à la Messe, en particulier le dimanche, signifie entrer dans la victoire du Ressuscité, être illuminés par sa lumière, réchauffés par sa chaleur. A travers la célébration eucharistique, l’Esprit Saint nous fait participer de la vie divine qui est capable de transfigurer tout notre être mortel. Et dans son passage de la mort à la vie, du temps à l’éternité, le Seigneur Jésus nous entraîne nous aussi avec Lui à faire Pâques. Dans la Messe, on fait Pâques. Pendant la Messe, nous sommes avec Jésus, mort et ressuscité et Il nous entraîne de l’avant, vers la vie éternelle. Dans la Messe nous nous unissons à Lui. D’ailleurs, le Christ vit en nous et nous vivons en Lui. « Je suis crucifié avec le Christ — dit saint Paul — ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal 2, 19-20). Saint Paul pensait ainsi.

Son sang, en effet, nous libère de la mort et de la peur de la mort. Il nous libère non seulement de la domination de la mort physique, mais de la mort spirituelle qui est le mal, le péché, qui nous touche chaque fois que nous tombons victime de notre péché ou de celui d’autrui. Et alors, notre vie est salie, elle perd de sa beauté, elle perd sa signification, elle se fane.

En revanche, le Christ nous redonne la vie ; le Christ est la plénitude de la vie, et quand il a affronté la mort, il l’a anéantie pour toujours : « En ressuscitant, il détruisit la mort et renouvela la vie », (Prière eucharistique iv). La Pâque du Christ est la victoire définitive sur la mort, car Il a transformé sa mort en acte d’amour suprême. Il mourut par amour ! Et dans l’Eucharistie, il veut nous communiquer son amour pascal, victorieux. Si nous le recevons avec foi, nous pouvons nous aussi vraiment aimer Dieu et notre prochain, nous pouvons aimer comme Il nous a aimés, en donnant la vie.

Si l’amour du Christ est en moi, je peux me donner pleinement à l’autre, dans la certitude intérieure que même si l’autre devait me blesser, je ne mourrais pas ; autrement je devrais me défendre. Les martyrs ont donné leur propre vie pour cette certitude de la victoire du Christ sur la mort. Ce n’est que si nous faisons l’expérience de ce pouvoir du Christ, le pouvoir de son amour, que nous sommes vraiment libres de nous donner sans peur. Cela est la Messe : entrer dans cette passion, mort, résurrection et ascension de Jésus ; quand nous allons à la Messe, c’est comme si nous allions au calvaire, c’est la même chose. Pensez à cela : si nous, au moment de la Messe, nous allons au calvaire — pensons en utilisant notre imagination — et nous savons que cet homme-là est Jésus. Nous permettrions-nous de bavarder, de faire des photographies, de faire un peu de spectacle ? Non ! Parce que c’est Jésus ! Nous serions certainement en silence, en pleurs et aussi pleins de la joie d’être sauvés. Quand nous entrons à l’église pour célébrer la Messe pensons à cela : j’entre dans le calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi disparaissent le spectacle, les bavardages, les commentaires et ces faits qui nous éloignent de cette chose si belle qu’est la Messe, le triomphe de Jésus.

Je pense qu’il est maintenant plus clair que la Pâque se rend présente et active chaque fois que nous célébrons la Messe, c’est-à-dire le sens du mémorial. La participation à l’Eucharistie nous fait entrer dans le mystère pascal du Christ, en nous permettant de passer avec Lui de la mort à la vie, c’est-à-dire là, au calvaire. La Messe est comme revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle.

Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones, venant de France et de divers pays. Chers amis, je vous invite à donner une place importante dans votre vie à la participation à la messe, en particulier le dimanche. Le Seigneur vient à votre rencontre pour vous donner son amour, afin que vous aussi vous le partagiez avec vos frères et vos sœurs. Que Dieu vous bénisse !

(2) La messe est prière (15 nov. 2017)

Pour comprendre la beauté de la célébration eucharistique, je désire tout d’abord commencer par un aspect très simple : la Messe est prière, elle est même la prière par excellence, la plus élevée, la plus sublime, et dans le même temps la plus « concrète ». En effet, c’est la rencontre d’amour avec Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. C’est une rencontre avec le Seigneur.

Mais nous devons tout d’abord répondre à une question. Qu’est vraiment la prière ? Elle est tout d’abord dialogue, relation personnelle avec Dieu. Et l’homme a été créé comme être en relation personnelle avec Dieu qui ne trouve sa pleine réalisation que dans la rencontre avec son Créateur. La route de la vie est dirigée vers la rencontre définitive avec le Seigneur.

Le Livre de la Genèse affirme que l’homme a été créé à l’image et ressemblance de Dieu, qui est Père et Fils et Saint-Esprit, une relation d’amour parfaite qui est unité. A partir de cela, nous pouvons comprendre que nous avons tous été créés pour entrer dans une relation parfaite d’amour, en nous donnant et en nous recevant sans cesse, pour pouvoir ainsi trouver la plénitude de notre être.

Quand Moïse, face au buisson ardent, reçoit l’appel de Dieu, il lui demande quel est son nom. Et que répond Dieu ? « Je suis celui qui est » (Ex 3, 14). Cette expression, dans son sens originel, exprime présence et faveur, et en effet, Dieu ajoute immédiatement après : « Yahvé, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » (v. 15). Le Christ lui aussi, quand il appelle ses disciples, les appelle afin qu’ils soient avec Lui. Il s’agit donc de la plus grande grâce : pouvoir faire l’expérience que la Messe, l’Eucharistie est le moment privilégié pour être avec Jésus, et, à travers Lui, avec Dieu et avec nos frères.

Prier, comme tout véritable dialogue, est également savoir demeurer en silence — dans les dialogues il y a des moments de silence —, en silence avec Jésus. Quand nous allons à la Messe, nous arrivons peut-être cinq minutes à l’avance et nous commençons à bavarder avec celui qui est à côté de nous. Mais ce n’est pas le moment de bavarder : c’est le moment du silence pour nous préparer au dialogue. C’est le moment de nous recueillir dans notre cœur pour nous préparer à la rencontre avec Jésus. Le silence est si important ! Rappelez-vous ce que j’ai dit la semaine dernière : nous n’allons pas à un spectacle, nous allons à la rencontre du Seigneur et le silence nous prépare et nous accompagne. Demeurer en silence avec Jésus. Et du mystérieux silence de Jésus jaillit sa Parole qui retentit dans notre cœur. Jésus lui-même nous enseigne comment il est réellement possible « d’être » avec le Père et il nous le démontre par sa prière. Les Evangiles nous montrent Jésus qui se retire dans des lieux apartés pour prier ; les disciples, en voyant sa relation intime avec le Père, sentent le désir d’y participer, et ils lui demandent : « Seigneur apprends-nous à prier » (Lc 11, 1). C’est ce que nous avons entendu dans la première Lecture, au début de l’audience. Jésus répond que la première chose nécessaire pour prier est de savoir dire « Père ». Soyons attentifs : si je ne suis pas capable de dire « Père » à Dieu, je ne suis pas capable de prier. Nous devons apprendre à dire « Père », c’est-à-dire à nous mettre en sa présence dans une confiance filiale. Mais pour pouvoir apprendre, il faut humblement reconnaître que nous avons besoin d’être instruits, et dire avec simplicité : Seigneur, apprends-moi à prier.

C’est le premier point : être humbles, se reconnaître comme ses fils, reposer dans le Père, avoir confiance en Lui. Pour entrer dans le Royaume des cieux il est nécessaire de devenir petits comme des enfants. A savoir que les enfants savent avoir confiance, ils savent que quelqu’un se préoccupera pour eux, de ce qu’ils mangeront, de comment ils s’habilleront et ainsi de suite (cf. Mt 6, 25-32). C’est la première attitude : confiance et confidence, comme un enfant à l’égard de ses parents ; savoir que Dieu se rappelle de toi, prend soin de toi, de toi, de moi, de tous.

La deuxième prédisposition, elle aussi propre aux enfants, est de se laisser surprendre. L’enfant pose toujours mille questions parce qu’il désire découvrir le monde ; et il s’émerveille même de petites choses, car tout est nouveau pour lui. Pour entrer dans le Royaume des cieux il faut se laisser émerveiller. Dans notre relation avec le Seigneur, dans la prière — je pose la question — nous laissons-nous émerveiller ou pensons-nous que la prière signifie parler à Dieu comme le font les perroquets ? Non, c’est avoir confiance et ouvrir son cœur pour se laisser émerveiller. Nous laissons-nous surprendre par Dieu qui est toujours le Dieu des surprises ? Car la rencontre avec le Seigneur est toujours une rencontre vivante, ce n’est pas une rencontre de musée. C’est une rencontre vivante et nous allons à la Messe, pas au musée. Nous allons à une rencontre vivante avec le Seigneur.

Dans l’Evangile on parle d’un certain Nicodème (Jn 3, 1-21), un homme âgé, qui faisait autorité en Israël, qui se rend auprès de Jésus pour le connaître ; et le Seigneur lui parle de la nécessité de « renaître d’en haut » (cf. v. 3). Mais qu’est-ce que cela signifie ? Peut-on « renaître » ? Est-il possible de recommencer à éprouver du goût, de la joie, de l’émerveillement pour la vie, même devant les si nombreuses tragédies ? Il s’agit d’une question fondamentale de notre foi et cela est le désir de tout véritable croyant : le désir de renaître, la joie de recommencer. Eprouvons-nous ce désir ? Chacun de nous a-t-il envie de toujours renaître pour rencontrer le Seigneur ? Eprouvez-vous ce désir en vous ? En effet, on peut facilement le perdre, car à cause de tant d’activités, de nombreux projets à mettre en œuvre, il reste à la fin peu de temps et nous perdons de vue ce qui est fondamental : la vie de notre cœur, notre vie spirituelle, notre vie qui est une rencontre avec le Seigneur dans la prière.

En vérité, le Seigneur nous surprend en nous montrant qu’Il nous aime également dans nos faiblesses. Jésus Christ « est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 2). Ce don, source de véritable consolation — mais le Seigneur nous pardonne toujours, cela console, c’est une véritable consolation — est un don qui nous est donné à travers l’Eucharistie, ce banquet nuptial au cours duquel l’Epoux rencontre notre fragilité. Est-ce que je peux dire que lorsque je fais la communion pendant la Messe, le Seigneur rencontre ma fragilité ? Oui ! Nous pouvons le dire parce que c’est vrai ! Le Seigneur rencontre notre fragilité pour nous reconduire à notre premier appel : celui d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Tel est le cadre de l’Eucharistie, telle est la prière.

(1) Introduction (8 nov. 2017)

Chers frères et sœurs, bonjour ! Nous commençons aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses, qui portera le regard sur le « cœur » de l’Eglise, c’est-à-dire l’Eucharistie. Il est fondamental pour nous chrétiens de bien comprendre la valeur et la signification de la Messe, pour vivre toujours plus pleinement notre relation avec Dieu.

Nous ne pouvons oublier le grand nombre de chrétiens qui, dans le monde entier, en deux mille ans d’histoire, ont résisté jusqu’à la mort pour défendre l’Eucharistie; et ceux qui, aujourd’hui encore, risquent leur vie pour participer à la Messe du dimanche. En l’an 304, au cours des persécutions de Dioclétien, un groupe de chrétiens, d’Afrique du Nord, furent surpris alors qu’ils célébraient la Messe dans une maison et furent arrêtés. Le proconsul romain leur demanda, au cours de l’interrogatoire, pourquoi ils l’avaient fait, sachant que cela était absolument interdit. Et ils répondirent: «Nous ne pouvons pas vivre sans le dimanche», ce qui voulait dire: si nous ne pouvons pas célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre, notre vie chrétienne mourrait.

En effet, Jésus dit à ses disciples: «Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour» (Jn 6, 53-54).

Ces chrétiens d’Afrique du Nord furent tués parce qu’ils célébraient l’Eucharistie. Ils ont laissé le témoignage que l’on peut renoncer à la vie terrestre pour l’Eucharistie, parce que celle-ci nous donne la vie éternelle, en nous faisant participer à la victoire du Christ sur la mort. Un témoignage qui nous interpelle tous et exige une réponse sur ce que signifie pour chacun de nous de participer au sacrifice de la Messe et de nous approcher de la Table du Seigneur. Cherchons-nous cette source «jaillissante d’eau vive» pour la vie éternelle? Qui fait de notre vie un sacrifice spirituel de louange et d’action de grâce et fait de nous un seul corps avec le Christ? Tel est le sens le plus profond de la sainte Eucharistie, qui signifie «action de grâce»: action de grâce à Dieu le Père, Fils et Saint-Esprit qui nous englobe et nous transforme dans sa communion d’amour.

Au cours des prochaines catéchèses, je voudrais apporter une réponse à certaines questions importantes sur l’Eucharistie et la Messe, pour redécouvrir, ou découvrir, comment à travers ce mystère de la foi resplendit l’amour de Dieu.

Le Concile Vatican II a été fortement animé par le désir de conduire les chrétiens à comprendre la grandeur de la foi et la beauté de la rencontre avec le Christ. Pour cette raison, il était nécessaire avant tout de réaliser, sous la direction de l’Esprit Saint, un renouveau adapté de la liturgie, parce que l’Eglise vit constamment d’elle et se renouvelle grâce à elle.

Un thème central que les Pères conciliaires ont souligné est la formation liturgique des fidèles, indispensable pour un véritable renouveau. Et c’est précisément là également le but de ce cycle de catéchèses que nous commençons aujourd’hui: croître dans la connaissance du grand don que Dieu nous a donné dans l’Eucharistie.

L’Eucharistie est un événement merveilleux dans lequel Jésus Christ, notre vie, se fait présent. Participer à la Messe signifie «vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. C’est une théophanie: le Seigneur se fait présent sur l’autel pour être offert au Père pour le salut du monde» (Homélie lors de la Messe, Maison Sainte-Marthe, 10 février 2014). Le Seigneur est là avec nous, présent. Souvent, nous allons là, nous regardons les choses, nous bavardons entre nous et le prêtre célèbre l’Eucharistie... et nous ne célébrons pas à ses côtés. Mais c’est le Seigneur! Si le président de la République ou une personne très importante dans le monde venait ici aujourd’hui, il est certain que nous serions tous près de lui, que nous voudrions le saluer. Mais réfléchis: quand tu vas à la Messe, c’est le Seigneur qui est présent! Et tu es distrait. C’est le Seigneur! Nous devons penser à cela. «Père, c’est que les Messes sont ennuyeuses» — «Mais que dis-tu, le Seigneur est ennuyeux?» — «Non, non, pas la Messe, les prêtres» — «Ah, que les prêtres se convertissent, mais c’est le Seigneur qui est présent!». Compris? Ne l’oubliez pas. «Participer à la Messe signifie vivre à nouveau la passion et la mort rédemptrice du Seigneur».

Essayons à présent de nous poser certaines questions simples. Par exemple, pourquoi fait-on le signe de la croix et l’acte de pénitence au début de la Messe? Et je voudrais ouvrir ici une autre parenthèse. Vous avez vu comment les enfants se font le signe de la croix? On ne comprend pas ce qu’ils font, si c’est le signe de la croix ou un dessin. Ils font comme cela [le Pape fait un geste confus]. Il faut enseigner aux enfants à bien faire le signe de la croix. C’est ainsi que commence la Messe, c’est ainsi que commence la vie, c’est ainsi que commence la journée. Cela veut dire que nous sommes rachetés par la croix du Seigneur. Regardez les enfants et enseignez-leur à bien faire le signe de la croix. Et ces lectures, pendant la Messe, pourquoi sont-elles là? Pourquoi lit-on trois lectures le dimanche et deux les autres jours. Pourquoi sont-elles là, que signifie la lecture de la Messe? Pourquoi les lit-on et quel rapport ont-elles avec la Messe? Ou encore, pourquoi à un certain moment, le prêtre qui préside la célébration dit-il: «Elevons nos cœurs?». Il ne dit pas: «Elevons nos téléphones portables pour prendre une photo!». Non, c’est une chose laide! Et je vous dis que je trouve cela très triste quand je célèbre ici, sur la place, ou dans la basilique, et je vois tant de portables levés, pas seulement ceux des fidèles, mais aussi de certains prêtres et également d’évêques. Mais tout de même! La Messe n’est pas un spectacle: c’est aller à la rencontre de la passion et de la résurrection du Seigneur. C’est pourquoi le prêtre dit: «Elevons nos cœurs». Qu’est-ce que cela veut dire? Rappelez-vous: pas de téléphones portables.

Il est très important de revenir aux fondements, de redécouvrir ce qui est l’essentiel, à travers ce que l’on touche et ce que l’on voit dans la célébration des sacrements. La question de l’apôtre saint Thomas (cf. Jn 20, 25), de pouvoir voir et toucher les blessures des clous dans le corps de Jésus, est le désir de pouvoir d’une certaine façon «toucher Dieu» pour y croire. Ce que saint Thomas demande au Seigneur est ce dont nous avons tous besoin: le voir, et le toucher pour le reconnaître. Les sacrements répondent à cette exigence humaine. Les sacrements, et la célébration eucharistique de façon particulière, sont les signes de l’amour de Dieu, les voies privilégiées pour le rencontrer.

Ainsi, à travers ces catéchèses que nous commençons aujourd’hui, je voudrais redécouvrir avec vous la beauté qui se cache dans la célébration eucharistique et qui, une fois dévoilée, donne tout son sens à la vie de chaque personne. Que la Vierge nous accompagne sur ce nouveau bout de chemin. Merci.

 

 

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